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L’affaire SIAPE : deux camps retranchés s’affrontent dans le calme

Sit in devant le siège du Gouvernorat de Sfax

À l’image du débat sur la « SIAPE », de vifs échanges agitent les militants écologistes mobilisés en faveur de la fermeture et du démantèlement de l’usine de phosphate et les syndicalistes qui défendent bec et ongles leur usine.

Quelles que soient leurs convictions, ils sont animés du même désir: marquer leur appartenance à leur ville et participer à un développement inclusif plus respectueux de ses citoyens. Ils sont également ouverts au dialogue avec ceux qui ne partagent pas leur vision, sans pour autant brader leurs convictions.

Chaque camp a dressé sa tente en face du siège du gouvernorat, représentant de l’administration centrale dont dépend la décision de fermeture de l’usine ou de la poursuite de ses activités. Le gouvernement se trouve entre le marteau de la puissante centrale syndicale (UGTT) et l’enclume de la Société civile locale.

Sous leur couleur jaune et le slogan YEZZI « Ça suffit, nous suffoquons !», les militants écologistes poursuivent leur mobilisation afin de réunir les signatures pour le démantèlement de l’usine SIAPE (Société industrielle d’acide phosphorique et d’engrais). Quelques tracts sont distribués aux passants de l’avenue du 14 janvier. Ce mouvement, animé par la Coordination de l’environnement et du développement à Sfax qui compte 40 structures dont des associations et des organisations auquel se sont joints des députés, des universitaires et des hommes d’affaires.

Tout près, se tient un autre sit in organisé par des ouvriers et cadres de la SIAPE. Des banderoles portant la bannière de l’UGTT ont été dépliées : « Pour un développement durable qui tient compte des droits économiques, sociaux et environnementaux », « Pour des projets non polluants », « Vous voulez la fermeture (de l’usine), nous voulons son développement ». Appuyés par le bureau exécutif de l’Union régionale du travail (URT) et des syndicalistes à la société régionale du transport, à la SNCFT (Société Nationale des Chemins de Fer Tunisiens) et à la CNAM (Caisse nationale d’assurance-maladie) les ouvriers de la SIAPE refusent de parler de démantèlement de leur usine mais soutiennent l’appel pour la suppression des activités polluantes.

Jusqu’ici, le recours des deux protagonistes à la rue n’a été marquée par aucun heurt ni par quelques tensions. Pour les deux camps, il s’agit de faire pression sur le gouvernement et se faire entendre. Entre temps, le ministre de tutelle préfère attendre le résultat d’une étude d’impact environnemental commandée à l’ANPE (Agence nationale de protection de l’environnement), étape décisive pour trancher dans cette affaire qui n’a que trop duré (voir : Sfax : Mobilisation citoyenne pour un environnement sain et un développement durable, 16 FÉV 2016).

Signe d’espoir, des voix se font entendre en appelant au dialogue, pour qu’on puisse accéder au point d’achèvement dans un climat social apaisé.

 

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